FAQ

Qu’est-ce qu’une Worldcon ?

Une Convention Mondiale de Science-fiction («Worldcon») est un rassemblement international des communautés de la science-fiction et de la fantasy (la première Worldcon a eu lieu en 1939).
Les participants viennent de partout dans le monde et durant la dernière décennie, la convention a eu lieu sur quatre continents différents. Mais aucune des 74 Worldcons n’a eu lieu en France …
Les Worldcons sont organisées et gérées par les fans, tous bénévoles. La majorité des organisateurs change chaque année avec l’emplacement de la convention, mais de nombreux membres donnent bénévolement de leur temps année après année, indépendamment de l’emplacement.

Parmi les participants figurent des auteurs, des artistes, des éditeurs, des gamers, des marchands, des musiciens et des fans.

Tous les participants doivent payer leur entrée, seul un petit nombre « d’Invités d’Honneur », reconnus pour leurs contributions dans le domaine et par la communauté de la science-fiction, ont leurs frais payés.
Les événements majeurs sont la cérémonie des Prix Hugo, l’exposition d’art et la vente aux enchères, la Mascarade, et vous pouvez assister à des centaines d’événements qui constituent le programme.

La Worldcon embrasse la science-fiction et la fantasy sous toutes ses formes, non seulement la littérature, mais aussi le cinéma, la télévision, les arts, la bande dessinée, les anime et les mangas, les jeux et elle explore également la science dans la science-fiction.

Pourquoi une Worldcon ne peut-elle pas être organisée AVANT 2023 ?

Parce que le choix du lieu des Worldcons suit un protocole fixe, qui prend au moins quatre ans entre l’annonce officielle de la candidature et la tenue de la Worldcon, auxquels il convient d’ajouter du temps pour préparer cette candidature. Et, pour une première candidature, trois ans ne seront pas de trop. Et 2014 + 4 + 3 = … 2021.
Donc 2021 est la première date possible.
Mais le règlement interne de la WSFS (qui régit l’organisation des Worldcons) impose des conditions géopolitiques (!) qui font qu’il serait peut-être plus prudent de viser 2023.
En effet, pour qu’une Worldcon se tienne en 2021, il faut qu’elle soit votée sur les lieux de la Worldcon de 2019. Or, pour l’instant, la seule candidature pour 2019 est celle de Dublin.
A priori, et sauf événement nouveau, la Worldcon de 2019 s’y tiendrait donc.
C’est là qu’intervient une autre clause du règlement : il doit y avoir au moins 500 miles (800 km) entre la Worldcon où a lieu le vote (2019) et celle pour laquelle on vote (2021).
Paris étant la ville la plus probable pour organiser une Worldcon et la distance Dublin-Paris étant très légèrement inférieure à 800 km, il pourrait y avoir contestation.
Et alors pourquoi pas 2022 ?
Pour 2022, il y a déjà une candidature d’un poids lourd américain (Chicago) face à laquelle une candidature débutante a peu de chances de l’emporter. Autant ne pas s’y investir quand une autre date nous laisse davantage de chances !
La première date possible est donc 2023.

En quoi une Convention est-elle différente d’un Festival ?

Un festival est financé en grande partie par des entités autres que les participants. Les organisateurs sont payés, ce sont des professionnels. C’est ouvert au public et ça représente une activité culturelle parfois importante pour la ville où ça se passe. Les politiques du moment y sont largement associés et viennent faire des discours. Si les “fans” viennent, rien ne les distingue du public des simples curieux. Soit c’est gratuit (Imaginales, Sèvres, Bagneux, etc.) soit c’est payant mais pas cher (Nantes). Certes, il y a quelques conférences lors des festivals, mais rarement plus d’une à la fois (il n’y a de toute façon pas la place) et elles n’attirent pas toujours grand monde (sauf à Nantes, dans la grande salle centrale). Le public passe, regarde un film quand il y en a, visite l’exposition, achète un livre ou deux, les fait parfois signer, et c’est tout. Pas (ou très peu) de “parties” ou autres activités purement faniques. Il y a souvent beaucoup d’invités, c’est-à-dire des auteurs qui viennent parce qu’on leur paye le voyage, le gîte et le couvert. Sinon ils ne viendraient pas. Et ce n’est pas une question d’argent pour nombre d’entre eux. C’est une question de “culture”. En dehors des conférences auxquelles ils participent et les signatures plus la présence sur le stand de leur éditeur et à quelques conférences, bien souvent ces invités restent entre eux et d’ailleurs les organisateurs prévoient des repas “privés” ou la plèbe n’est pas conviée.

Les conventions françaises pâtissent de ces traditions. Elles sont autofinancées et ne peuvent inviter des dizaines d’auteurs. Quand je demande à un auteur français s’il vient à la convention, il me répond le plus souvent « non, je ne suis pas invité… ». Comme s’il fallait être invité pour venir ! Mais ce ne sont pas des “fans », et certains revendiquent même leur non-appartenance au fandom.

Une convention à la manière anglo-saxonne n’est financée que par les participants. C’est relativement cher et l’inscription est en principe pour la durée de l’événement (cinq jours pour une Worldcon). Le public n’est pas invité. Il lui est même déconseillé de venir, parfois tout à fait explicitement comme je l’ai vu à plusieurs reprises à des Eastercons (convention nationale du Royaume Uni). Les politiques du lieu ne sont pas concernés. Les activités sont nombreuses et en parallèle, car les gens sont là pour plusieurs jours. À part quelques personnes “invitées d’honneurs”, tous les autres participants payent de leur poche. Oui, Robert Silverberg a certainement payé de ses deniers pour venir à Londres, idem pour toutes les autres petites ou grosses pointures qui y étaient et qui étaient parfaitement accessibles au fan moyen. Ils étaient en permanence au milieu des activités et il était facile de les approcher. Et chacun sait que la personne assise à côté de lui, par hasard, dans une “party”, à une conférence, etc. est nécessairement un “fan”, donc d’une certaine façon, un frère (ou une sœur)… Ce n’est pas qu’il n’y ait pas de réunions “privées”, mais il n’y a pas que ça, et de loin. Je ressens ces conventions comme une sorte de réunion de famille, où les membres font partie d’une vaste diaspora.

Bref, il y a, pour moi, un gouffre entre les deux systèmes, les conventions et les festivals, tant par l’esprit que par l’organisation, et l’ambiance n’est pas du tout la même.

Par Ellen C. Herzfeld

Ce texte est à l’origine un message sur la liste SFFranco (reproduit avec l’autorisation de l’auteure)

Ellen C. Herzfeld – Dominique O. Martel
http://www.quarante-deux.org/ – @xlii42
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